François Béranger nous a quitté le 14 octobre 2003 dans une indifférence presque totale. J’ai découvert ce chanteur libertaire dans les années 75 ; pour les lycéens de mon âge, il représentait la contestation.

François Béranger dans les années 80
François Béranger dans les années 1980

Chanteur à texte, chanteur réaliste, chanteur engagé, il était de toutes les luttes de l’époque.
Fils d’un tourneur (militant syndicaliste chrétien) et d’une mère couturière, il travaille à l’âge de 16 ans chez Renault à Billancourt. En 1958, il est appelé et fait 19 mois de service militaire en Algérie. En 1962, il quitte les usines Renault pour commencer à travailler dans le cinéma.

En 1969, il sort son premier 45 tours : Tranche de vie.
Bien que ne passant que rarement en radio et jamais à la télévision, François Béranger trouve son public dans les fêtes politiques de gauche ; il donne bénévolement de nombreux concerts pour les causes les plus diverses.

Sa collaboration à partir de 1974 avec Jean Pierre Alarcen (très grand guitariste) fonctionne parfaitement.
Mais lorsque la gauche arrive au pouvoir en 1981, François Béranger prend ses distances. Déçu par la politique de François Mitterrand (« le vrai changement, c’est quand ? »), il s’accorde une traversée du désert de sept ans !
Il fera un dernier album en 1998 (double cd en public) et en 2002 (19 chansons de Félix).

Il s’est produit la dernière fois à Paris, en septembre 2002.

La discographie complète de François Béranger.
Après la défaite de la gauche aux élections législatives, en mars 1978, Béranger nous écrivait :

Avril 78

Un pays divisé trace ses frontières
Les uns s’arment de peur, les autres d’espoir
Demain nous donnera sa réponse claire
Ceux d’avant de toujours seront encore maîtres
Tripotant le pouvoir au fond des châteaux
Technocrates savants nous changeant en robots

Les promesses de mai ne sont plus que rêve
Un rêve de 10 ans, vieux, c’est déjà vieux
Demain nous donnera sa réponse claire
Ceux d’en bas par millions ont-ils eu raison
De changer les clameurs, les coups, la violence
En petits bulletins dans une urne sans fond ?

Si nos maîtres demain sont toujours les mêmes
Qu’ils soient bons comédiens et bardés de flicaille
Demain nous donnera sa réponse claire
Après mars et avril c’est le mois des clameurs Des millions en ont marre d’être des cocus
Des millions qu’en ont marre ça peut faire du chahut

Si nos maîtres demain changent de figure
Qu’ils brûlent avant tout toutes les ordures
Demain nous donnera sa réponse claire
Qu’on les mette en avant tous les gens sans nom
Qu’on les hisse, qu’on les pousse, qu’on leur mette en main
Leur propre destinée et puis on verra bien

Dans mes mots maladroits se cache la peur
De ne plus espérer ni en vous ni en moi
Demain nous donnera sa réponse claire
Quand la fête est finie le lendemain vient
Quelle fête ferons-nous de ces lendemains ?
Quelle vie nous ferons-nous avec nos propres mains ?

J’ai eu la chance de le rencontrer en 1980 à Reims. Avant son spectacle, dans un bistro proche de la salle, j’ai échangé quelques mots avec lui autour d’un verre de bière.

Quelques extraits

Pour ma grand-mère
Dure-mère


Dure mère interprété par sa fille Emmanuelle