Également appelé « livre électronique » ou « e-book », il est de plus en plus utilisé grâce aux machines nomades (tablettes, smartphones et netbooks).

L’idée n’est pas tout à fait nouvelle puisque le premier livre numérisé date de 1971.
Avant même la création de l’internet, Michael Hart crée, le projet Gutenberg, dont le but est de numériser des livres.

Le premier livre numérisé par le projet Gutenberg est la Déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique dans un fichier de 5 Ko.
Pour l’utilisation des livres numériques, les avis sont partagés ; je vous livre celui de Richard Stallman (grand défenseur des libertés individuelles).

Voici sa déclaration de 2011

Alors que le commerce régit nos gouvernements et dicte nos lois, toute avancée technologique offre aux entreprises une occasion d’imposer au public de nouvelles restrictions.
Des technologies qui devraient nous conférer davantage de liberté sont au contraire utilisées pour nous entraver.

Le livre imprimé 

  • On peut l’acheter en espèces, de façon anonyme.
  • Après l’achat, il vous appartient.
  • On ne vous oblige pas à signer une licence qui limite vos droits d’utilisation.
  • Son format est connu, aucune technologie privatrice n’est nécessaire pour le lire.
  • On a le droit de donner, prêter ou revendre ce livre.
  • Il est possible, concrètement, de le scanner et de le photocopier, pratiques parfois légales sous le régime du copyright.
  • Nul n’a le pouvoir de détruire votre exemplaire.

Le livre électronique selon Amazon (plus ou moins la norme) 

  • Amazon exige de l’utilisateur qu’il s’identifie afin d’acquérir un e-book.
  • Dans certains pays, et c’est le cas aux USA, Amazon déclare que l’utilisateur ne peut être propriétaire de son exemplaire.
  • Amazon demande à l’utilisateur d’accepter une licence qui restreint l’utilisation du livre.
  • Le format est secret, et seuls des logiciels privateurs restreignant les libertés de l’utilisateur permettent de le lire.
  • Un succédané de « prêt » est autorisé pour certains titres, et ce pour une période limitée, mais à la condition de désigner nominalement un autre utilisateur du même système. Don et revente sont interdites.
  • Un système de verrou numérique (DRM) empêche de copier l’ouvrage. La copie est en outre prohibée par la licence, pratique plus restrictive que le régime du copyright.
  • Amazon a le pouvoir d’effacer le livre à distance en utilisant une porte dérobée (back-door). En 2009, Amazon a fait usage de cette porte dérobée pour effacer des milliers d’exemplaires du 1984 de George Orwell.

Un seul de ces abus fait des livres électroniques une régression par rapport aux livres imprimés. Nous devons rejeter les e-books qui portent atteinte à nos libertés.

Les entreprises qui les commercialisent prétendent qu’il est nécessaire d’empiéter sur nos libertés afin de continuer à rémunérer les auteurs.
Le système actuel du copyright rétribue généreusement ces entreprises, et chichement la grande majorité des auteurs. Nous pouvons soutenir plus efficacement les auteurs par des biais qui ne requièrent pas que l’on porte atteinte à notre liberté, et même légaliser le partage.

Voici deux méthodes que j’ai déjà suggérées : 

  • Distribuer une partie des recettes fiscales aux auteurs, calculée sur la racine cubique de la popularité de chaque auteur. (Voir http://stallman.org/articles/internet-sharing-license.en.html)
  • Concevoir des programmes permettant aux utilisateurs d’envoyer aux auteurs des paiements volontaires et anonymes.

Les livres électroniques n’attaquent pas systématiquement notre liberté (ceux du Projet Gutenberg la respectent), mais ce sera le cas si nous laissons toute latitude aux entreprises. Il est de notre devoir de les en empêcher.

Et maintenant ? 

Chacun se forgera sa propre opinion ; si vous souhaitez utiliser une liseuse de e-book, vous pouvez utiliser FBreader sous GNU/Linux et Calibre pour Windows et GNU/Linux.
Le format « epub » est le plus en vogue, vous pouvez télécharger des e-books gratuits sur ebooksgratuits.com.

Une capture d’écran 

img Le feu d’Henri Barbusse avec FBreader